CHRYSALIDE LE FILM

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SYNOPSIS DU FILM

France voulait être danseuse, mais un accident l’a clouée dans une chaise roulante. Comment traverser cette terrible épreuve ? Comment retrouver le goût de vivre et de rêver ? Chrysalide, c’est l’histoire émouvante de ce voyage intérieur à la conquête de soi. Chrysalide, c’est un poème visuel en hommage aux forces vives de la nature humaine.

Inspiré de l’histoire vraie de la danseuse tétraplégique France Geoffroy, le film la met en scène dans le rôle de la femme blessée. Elle y danse au côté du chorégraphe québécois Harold Rhéaume, qui symbolise le Désir de vivre. La comédienne Christine Filteau s’impose quant à elle comme l’image obsédante de la jeune femme coulant à pic au fond du lac dont elle est ressortie paralysée, à l’âge de 17 ans, après un plongeon fatidique.

Chrysalide n’est pas un film de danse ni un film sur la danse. C’est un poème visuel qui utilise la danse comme vocabulaire en s’appuyant sur la musique évocatrice de Roland Bréard. Une forme atypique pour un film percutant.

réalisatrice : Véro Boncompagni
chorégraphe : Harold Réheaume
interprètes : Harold Réheaume, Christine Filteau, France Geoffroy
production : CRISTAL FILM / Pierre Gendron

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DÉMARCHE DE LA PHOTOGRAPHE / RÉALISATRICE

Quelques fois, être photographe c’est devenir un gardien du temps, un témoin de la vie en action. Mon trajet avec France Geoffroy en est un très bon exemple puisque nous avons partagé nos routes artistiques depuis « son retour à la vie », après son accident jusqu’à aujourd’hui.
Mon travail photographique s’est bâti autour de ce j’appelle : « Le mouvement inattendu », une rencontre de 2 antinomies : la photo qui par essence fige, arrête un mouvement et le corps quadriplégique de France qui par essence est figé et sans mouvements. Mon défi personnel était de dépasser l’image documentaire et de privilégier l’instant d’émotion dans le mouvement redécouvert, tout en évitant la facilité du regard de la personne debout que je suis. (La facilité serait, entre autres, de mettre plus d’emphase sur la chaise roulante avant la personne qui l’habite)

Au fil des années, j’ai abordé le travail avec France en me servant de diverses techniques qui me permettaient de renouveler mon regard. Mais aussi ces techniques m’ont permise de m’approcher plus encore et de mieux traduire l’expérience vécue de France.
Ainsi les toutes premières images sont en noir et blanc. Et j’ai utilisé une pellicule particulière dont le « grain » est irrégulier et très gros, ce qui donne aux images un fini rugueux et imprécis : une texture qui, pour moi, s’apparente aux images issues de notre mémoire. Une façon de plus de signifier qu’il s’agissait là de la première étape qui était de reconquérir la mémoire du mouvement, une mémoire de toute façon inscrite dans le corps meurtri.
J’ai aussi travaillé en « exposition lente » afin de révéler la trace de la reconquête du mouvement.
J’ai fait des transferts d’émulsion de Polaroïd à partir d’images de sessions d’improvisations. Cette technique permet de faire des pièces uniques, ce qui me mettait en résonance avec la force de l’émotion découverte dans un instant exceptionnel de l’improvisation.
Je suis restée en dialogue constant entre technique et nouvelle exploration de France, entre regard et mouvement.

Une expérience d’une rare intensité qui n’a cessé de nourrir mon questionnement sur la source de ce désir qui pousse l’humain à surmonter tous les obstacles pour préserver le sentiment d’être vivant.
Et tout naturellement, France a été l’inspiration de mon premier court-métrage, un film symbolique en hommage à ce Désir dans l’âme humaine, celui qui propulse le mouvement créateur au-delà de nos limites supposées.
C’est parce qu’il y a eu une véritable rencontre entre nous, avec tout ce que cela comporte de magie, d’indicible, de partage et finalement d’amitié, que j’ai pu être ce témoin privilégié du parcours de construction d’une artiste, de la naissance à la maturité.

Véro Boncompagni
2008

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